J'écris un peu, se forcer, pour peut-être retrouver l'intérêt, ressentir à nouveau quelque chose, avancer peut-être, réussir à sortir des sables mouvants, juste trouver un bâton, pour s'appuyer dessus, et puis s'relever.
Je ne désires plus rien. Je suis cette putain de carcasse vide que je m'amusais à décrire sans vraiment la connaître.
J'avance en vacillant comme un squelette vivant, j'ai tué dieu il y a longtemps, et je n'ai plus aucune notion de bien ni de mal, de honte ou de joie. JE feins mes émotions aujourd'hui, quand je les dissimulais et qu'elles débordaient des années avant...
Je ne comprends pas comment j'en suis arrivée là...
J'ai fui, et alors? J'ai fui pour m'arrêter d'pleurer. Et ça a marché...Pendant quelques mois...
Oui...mais maintenant, c'est pire...
On retombe toujours plus bas? Ouais...Mais on sent de moins en moins...
Je pleure...Mais même plus si souvent...
Je pleure, et d'un coup, ça s'arrête, et puis je n'y pense plus, au néant, aux trous noirs, à la honte et à la fuite.
Je regarde quelque chose de drôle, je lis le génie des alpages, et j'ai oublié.
A peu près comme écrire des lignes et des lignes, et pleurer à chaque fois qu'on les relis, pendant longtemps, et d'un coup, les lignes ont disparu, parce qu'on a été con, et ça fait plus pleurer...Y a juste l'envie de se foutre des coups, d'avoir été con.
Cela me conforte dans mon idée que le binaire et l'informatique ne sont pas sûrs, et que ça ruinera notre civilisation, car un jour, tout s'effacera en 2 millièmes de secondes, et on se retrouvera tous bien cons, avec nos passeports à puce.
Je voudrais foutre des coups dans la gueule de ce monde, envoyer les gens au bistrot, et qu'ils fassent leur jardin, et puis qu'ils fuient la ville, et qu'ils jouent d'la flûte, et qu'ils arrêtent avec leur putain de musique de merde.
J'voudrais visiter le monde comme fait Imix Jaguar, sauf que j'ai une chatte, alors c'est trop risqué. Enfin, il parait.
Moi, j'en sais trop rien. De toute façon je partirais, avec l'amour de ma vie toute entière, celui qui me refile ses rêves qui sont identiques à ceux que j'avais.
Nous sommes en novembre, et c'est normal que ça n'aille pas du tout, parce que novembre me fait pleurer de joie d'habitude, et là non, et ça me conforte dans mon idée que je ne sens plus un pete d'émotion, et ça me casse les couilles...
J'sens plus rien dans mon ventre, quand je regarde les arbres en ombres chinoises. J'sen splus rien dans mon regard. J'sens plus rien. J'sens plus rien.
Moi qui me clamait écorchée, je me retrouve bien con, à plus rien sentir du tout. Avec une peau comme du gros cuir bien dur.
Je regresse à vue d'oeil, et je deteste ça, mais je marche plus bien, j'y arrive pas...
Quand j'pense que j'écris ça, et que j'uste à coté de l'encart pour l'article, il y a une pauvre pub de merde sur une carte bleue skyrock à la caisse d'épargne.
Nan, mais j'vous jure. Ce monde me refile vraiment la nausée, et je suis bien contente de m'être cassée, j'aurais pas voulue être tenue pour responsable, quand le jour viendra où tous les collabos du lavage de cerveau et de la dictature du consummérime seront pendus la bite à l'air(ou le clito, c'est au choix...entre les trans et les normaux..hein)
J'vais m'pieuter, j'ai mal au dos.
J'arrive à saturation.